Revenus fonciers et location nue en 2026

En bref : Les revenus de la location nue sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers. Le micro-foncier (abattement de 30%) s'applique si les recettes annuelles ne dépassent pas 15 000 €. Au-delà, ou sur option, le régime réel permet de déduire les charges réelles et de créer un déficit foncier imputable sur le revenu global à hauteur de 10 700 €/an. Les intérêts d'emprunt sont déductibles uniquement en régime réel.

Les revenus de la location nue (non meublée) sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers. Deux régimes coexistent : le micro-foncier (abattement forfaitaire) et le régime réel (déduction des charges et déficit foncier). Ce guide explique comment déclarer, quelles charges déduire et comment utiliser le déficit foncier.

1. Régime micro-foncier

Le micro-foncier est accessible si vos recettes foncières brutes n'excèdent pas 15 000 € par an. Il applique un abattement forfaitaire de 30 % sans qu'aucun justificatif de charges ne soit nécessaire.

ParamètreValeur
Plafond de recettes15 000 € bruts / an
Abattement forfaitaire30 %
Base imposableRecettes × 70 %
Régime fiscalIntégrée au revenu global, barème IR + 17,2 % PS
Déficit possible ?Non
DéclarationCase 4BE de la 2042
📌

Quand choisir le réel malgré des recettes < 15 000 € ? Si vos charges réelles (travaux, intérêts) dépassent 30 % de vos loyers, l'option pour le régime réel réduit votre revenu imposable davantage que l'abattement de 30 %. L'option pour le réel est valable 3 ans minimum et irrévocable pendant cette période.

2. Régime réel : charges déductibles

Au régime réel (formulaire 2044), les charges effectivement payées dans l'année sont déductibles des loyers bruts :

ChargeDéductible ?Condition
Charges financières
Intérêts d'empruntOuiAcquisition, travaux, amélioration
Frais de dossier et garantieOuiLiés au prêt immobilier
Assurance emprunteurOuiProportionnelle à la durée
Charges courantes
Taxe foncièreOuiHors part locataire (ordures ménagères)
Charges de copropriétéOui (hors provisions)Dépenses de l'exercice précédent
Assurance propriétaire non occupantOui
Frais de gestion / agenceOuiHonoraires, frais de location
Travaux
Réparation et entretienOuiMaintien en état — non constructifs
Amélioration (confort, énergie)OuiSans agrandissement ni reconstruction
Construction / agrandissementNonAugmentation de la surface habitable

3. Déficit foncier : règles et plafonds 2026

Quand les charges déductibles dépassent les loyers, il se forme un déficit foncier. Son imputation dépend de la nature des charges :

🔢

Déficit dû aux intérêts → Reportable 10 ans sur revenus fonciers uniquement
Déficit hors intérêts → Imputable sur revenu global jusqu'à 10 700 €/an
Excédent → Reportable 10 ans sur revenus fonciers
Plafond majoré à 21 400 €/an pour les travaux DPE F/G éligibles (sous conditions)

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Stratégie : concentrer les travaux sur une année. Si vous avez prévu plusieurs tranches de travaux, il peut être avantageux de les réaliser sur une seule année pour maximiser l'imputation du déficit sur le revenu global (jusqu'à 10 700 €). Les travaux répartis sur 3 ans seraient partiellement reportés sur revenus fonciers futurs.

4. Exemple de calcul complet (régime réel)

PosteDétailMontant
Loyers bruts perçusAppartement · loyer 800 €/mois9 600 €
Intérêts d'empruntPrêt de 150 000 € · taux 3,5 %− 3 800 €
Taxe foncièreFacture annuelle− 900 €
Charges de copropriétéDépenses récupérées sur l'année N-1− 600 €
Assurance PNO + gestionAssurance 180 € + agence 7 % des loyers− 852 €
Travaux de rénovationRemplacement chaudière− 4 500 €
Résultat foncierLoyers − toutes charges → déficit− 1 052 €

Le déficit de 1 052 € (hors intérêts : − 1 052 + 3 800 intérêts = charges hors intérêts > loyers) est imputé sur le revenu global, réduisant directement la base imposable du foyer. Économie d'impôt à TMI 30 % : ≈ 316 €.

5. Déclaration 2044 : points clés

DéclarationUsage
2042 — case 4BEMicro-foncier (recettes brutes saisies directement)
2044Régime réel standard · un bien ou plusieurs
2044 spécialeDispositifs spéciaux (Malraux, monuments historiques, etc.)
2042 — case 4BCRevenu foncier net positif (reporté depuis 2044)
2042 — case 4BBDéficit foncier imputable sur revenu global
2042 — cases 4BD/4BFReports de déficits des années antérieures

Questions fréquentes

Provisions de charges de copropriété : règle du décalage d'un an
Les provisions de charges appelées en cours d'année ne sont pas directement déductibles. Seule la régularisation de l'année précédente (différence entre provisions versées et charges réelles) est reportée dans la déclaration. En pratique : vous déduisez en N les charges réelles de copropriété de l'année N-1, telles que résultant de l'approbation des comptes en AG.
Quels sont les revenus fonciers imposables ?
Les revenus fonciers imposables comprennent : les loyers perçus pour des locaux non meublés, les recettes accessoires (droits de passage, redevances), et les subventions perçues en remplacement de loyers. Les locations meublées relèvent du régime BIC.
Qu'est-ce que le déficit foncier et comment en profiter ?
Le déficit foncier est le résultat négatif d'un bien locatif lorsque les charges déductibles excèdent les loyers. Ce déficit est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an. L'excédent est reporté sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
Les travaux de rénovation sont-ils toujours déductibles des revenus fonciers ?
Oui, au régime réel, les dépenses de réparation, d'entretien et d'amélioration sont déductibles. Les travaux de construction ou d'agrandissement (qui augmentent la surface habitable) ne le sont pas.
Peut-on déduire les intérêts d'emprunt des revenus fonciers ?
Oui, au régime réel, la totalité des intérêts d'emprunt liés à l'acquisition, la construction ou l'amélioration du bien est déductible. Les frais de dossier et l'assurance emprunteur sont également déductibles.

6. Location nue vs location meublée : ce qui change fiscalement

Les revenus de la location meublée relèvent des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) et non des revenus fonciers. Cette distinction est fondamentale car les régimes fiscaux sont très différents :

CritèreLocation nue (revenus fonciers)Location meublée (BIC / LMNP)
Abattement forfaitaire30 % (micro-foncier, plafond 15 000 €)50 % (micro-BIC, plafond 77 700 €)
Amortissement du bienNon déductibleOui (régime réel LMNP)
Déficit imputable sur revenu globalOui (10 700 €/an hors intérêts)Report sur BIC seulement
Prélèvements sociaux17,2 %17,2 %
Plus-value à la venteRégime des plus-values immobilièresRégime professionnel si LMP
💡

Quel régime est le plus avantageux ? La location meublée est souvent plus avantageuse fiscalement grâce à l'amortissement du bien au régime réel, qui peut annuler les revenus imposables pendant plusieurs années. Mais elle implique plus de contraintes (équipement du logement, statut LMP/LMNP, éventuelle TVA). Pour comparer, simulez votre taux marginal d'imposition sur notre calculateur.

Prélèvements sociaux sur les revenus fonciers

Quelle que soit le régime choisi (micro-foncier ou réel), vos revenus fonciers nets sont soumis aux prélèvements sociaux à 17,2 % : CSG (9,2 %), CRDS (0,5 %), prélèvement de solidarité (7,5 %). Ces prélèvements s'ajoutent à l'impôt sur le revenu calculé au barème progressif selon votre tranche marginale d'imposition.

Par exemple, un bailleur en tranche à 30 % supporte en réalité 47,2 % de prélèvements sur ses revenus fonciers nets (30 % IR + 17,2 % PS). C'est pourquoi le déficit foncier, qui réduit directement la base imposable, est un levier puissant d'optimisation.

Pour estimer votre situation complète, utilisez notre simulateur d'impôt sur le revenu pour calculer votre TMI, et consultez notre guide LMNP et location meublée pour comparer les régimes.

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Ce simulateur est fourni à titre indicatif et ne remplace pas une consultation professionnelle.

Sources officielles