Rupture conventionnelle : indemnités, charges et fiscalité 2026

En bref : L'indemnité de rupture conventionnelle est exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu jusqu'à 2 × PASS = 92 736 € en 2026 (sous réserve de ne pas être en droit de partir à la retraite). L'indemnité minimale légale est de 1/4 de mois par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3. La rupture ouvre droit aux allocations chômage (ARE) après un délai de carence de 7 jours + différé spécifique.

La rupture conventionnelle est le mode de séparation amiable entre salarié et employeur. Elle combine indemnité négociée, exonérations fiscales et sociales, et accès au chômage. Voici ce qu'il faut savoir avant de signer.

Calcul de l'indemnité légale minimale

L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Elle est calculée sur le salaire brut de référence : le douzième de la rémunération des 12 derniers mois, ou le tiers des 3 derniers mois — selon ce qui est le plus favorable au salarié.

Ancienneté Formule
Jusqu'à 10 ans 1/4 de mois × nombre d'années
Au-delà de 10 ans 1/4 × 10 + 1/3 × (années − 10)
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Exemple : Salarié avec 8 ans d'ancienneté et un salaire brut mensuel de référence de 4 000 €. Indemnité minimale = 4 000 × 1/4 × 8 = 8 000 €. Si la convention collective prévoit un calcul plus favorable, c'est ce dernier qui s'applique.

La rupture conventionnelle permet de négocier une indemnité supérieure au minimum légal (indemnité supra-légale). Cette partie bénéficie des mêmes exonérations dans les limites des plafonds ci-dessous.

Régime fiscal et social de l'indemnité

L'indemnité de rupture conventionnelle bénéficie d'un régime favorable, à condition que le salarié ne soit pas en droit de bénéficier d'une retraite à taux plein au moment de la rupture.

Fraction de l'indemnité Cotisations sociales Impôt sur le revenu
Dans la limite de l'indemnité légale de licenciement ou 50% de l'indemnité totale (le plus élevé des deux), plafonné à 2 × PASS (92 736 €) Exonérée (hors CSG/CRDS à 9,7%) Exonérée
Au-delà du plafond d'exonération Soumise à toutes cotisations Imposable au barème IR
⚠️

Depuis 2023, une contribution patronale spécifique de 30% (art. L. 137-12 du Code de la Sécurité Sociale) est due par l'employeur sur la partie exonérée de cotisations sociales. Ce coût est supporté par l'employeur, pas par le salarié — mais il impacte la négociation globale.

Le plafond 2× PASS en 2026

Le PASS 2026 est fixé à 46 368 €. Le plafond d'exonération est donc de 2 × 46 368 = 92 736 €. Au-delà de ce montant, l'indemnité est intégralement soumise aux cotisations et à l'IR, quelle que soit la méthode de calcul.

📌

Si vous êtes en droit de partir à la retraite au moment de la signature, l'indemnité de rupture conventionnelle est entièrement soumise aux cotisations sociales et à l'IR. La rupture conventionnelle devient alors fiscalement proche d'un départ à la retraite, pas d'un licenciement.

Impact sur les allocations chômage (ARE)

La rupture conventionnelle ouvre droit à l'ARE (allocation de retour à l'emploi) de France Travail, sous conditions :

Délais avant versement de l'ARE

Délai Durée Calcul
Carence fixe 7 jours Toujours applicable
Différé congés payés Variable Indemnité de CP ÷ salaire journalier de référence
Différé spécifique Variable, plafonné à 150 jours Partie supra-légale ÷ (salaire journalier × 90)
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Le différé spécifique est calculé uniquement sur la partie supra-légale de l'indemnité (au-delà du minimum légal). Négocier une indemnité proche du minimum légal permet de réduire le délai d'attente avant le versement du chômage.

La procédure en 5 étapes

La rupture conventionnelle est encadrée par le Code du travail (article L. 1237-11 et suivants). Elle doit respecter un formalisme précis :

Questions fréquentes

L'indemnité de rupture conventionnelle est-elle imposable ?
Elle est exonérée d'impôt dans la limite du montant le plus élevé entre l'indemnité légale de licenciement et 50% de l'indemnité totale. Cette exonération est plafonnée à 2 × PASS = 92 736 € en 2026. La fraction au-delà est imposable au barème progressif comme un salaire.
Quelle est l'indemnité minimale légale en cas de rupture conventionnelle ?
L'indemnité minimale est de 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois par année au-delà. Le salaire de référence est le douzième des 12 derniers mois ou le tiers des 3 derniers mois, selon ce qui est le plus favorable.
La rupture conventionnelle ouvre-t-elle droit au chômage ?
Oui. La rupture conventionnelle ouvre droit à l'ARE (allocation chômage) dès 6 mois de travail sur les 24 derniers mois. Un délai d'attente s'applique : 7 jours fixes + différé calculé sur la partie supra-légale de l'indemnité (plafonné à 150 jours).
Faut-il déclarer l'indemnité de rupture dans sa déclaration de revenus ?
La fraction exonérée n'est pas à déclarer. Seule la fraction imposable (au-delà du plafond) doit être reportée en case 1AJ comme un salaire ordinaire. L'employeur indique les montants sur l'attestation fiscale annuelle.

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Sources officielles